Présentation de la campagne
Dans une période marquée par la crise économique et donc par le risque du retour des tensions racistes au sein de la société française, le populisme doit être combattu sans faille. Or, en janvier 2009, nous avons assisté, de la part du Gouvernement à l'annonce « triomphale » des 30.000 expulsions d'étrangers en situation irrégulière auxquels la France a procédé au cours de l'année 2008.
Cela est particulièrement grave car lorsqu'on tend à faire croire aux Français qu'un de leurs problèmes essentiels réside dans la présence de personnes « sans-papiers » en France, on sait fort bien que l'on joue là sur une thématique proche du racisme, avec toutes les conséquences que cela entraîne: dégradation de la vision des étrangers et de leurs enfants qui deviennent alors les boucs émissaires des difficultés du pays à affronter la crise et, plus généralement, des difficultés de la France à trouver sa place dans la mondialisation.
Ce populisme, au-delà du racisme qu'il contribue à réveiller, entraîne également une inadmissible régression des droits des étrangers ainsi qu'un respect de plus en plus faible des droits accordés aux personnes faisant l'objet d'une mesure d'expulsion.
Depuis près de 5 ans la politique gouvernementale en matière d'immigration devient de plus en plus régressive et les droits fondamentaux des migrants ne sont pas respectés. Les conséquences de cette politique du chiffre sont dramatiques, synonymes de vies détruites : les « sans-papiers » ne sont pas la catégorie administrative des gens à expulser mais des êtres humains.
Aujourd'hui, pour aboutir à ce chiffre de 30.000 expulsions, le Gouvernement pousse à l'expulsion de personnes présentes sur le territoire depuis de nombreuses années, qui y ont de fait refait leur vie et qui y ont des attaches nombreuses (conjoint, enfants, amis, travail, ...).
Dans la politique menée envers les « sans-papiers » - et plus généralement envers les étrangers - le Gouvernement s'appuie constamment sur le fait que ses mesures sont populaires et que sa politique répond à une attente des Français. Or, l'aspiration à la solidarité se manifeste chez bon nombre de nos concitoyens et la campagne lancée ce jour par SOS Racisme tend à montrer au Gouvernement qu'il ne peut en aucun cas s'appuyer sur l'opinion publique pour légitimer cette politique.
En plus d'être inhumaine, cette politique du chiffre est attentatoire aux droits des personnes et ne règle aucun des problèmes auxquels notre pays est confronté. Elle génère des effets collatéraux qui sont autant de conséquences négatives tels le recul de la fraternité, les atteintes graves portées au vivre - ensemble, l'habitude prise d'un certain arbitraire administratif et la possibilité pour le Gouvernement de ne pas répondre aux vrais problèmes des Français (chômage, ghettoïsation,...).
SOS Racisme, vu l'urgence de la situation actuelle, lance une grande campagne d'interpellation « 30000 expulsions par an - c'est la honte. Mobilisons-nous», ayant pour objectif de proposer et d'imposer le respect de principes intangibles, nécessaire à l'édiction de toute politique migratoire.
Afin que chaque citoyen puisse manifester sa solidarité, nous leur proposons d'adhérer au manifeste de la campagne et d'en porter le slogan.